Matrioska débusque les formes animales tapies dans les rêves d'enfants. Encore plus enfouies, elles habitent aussi l'imagination des adultes. Fantastique, l’univers de Tiago Guedes se fabrique à vue, les histoires s’imbriquent les unes dans les autres comme des poupées russes.
Derrière un grand voile mouvant et nimbé, telle une peau tendue en fond de scène, viennent danser, frétiller, courir des doigts jouant à la petite bête. Peu à peu, d'autres parties de corps développent les excroissances et les mues du tissu, modelant des personnages éphémères. Un simple changement de lumières permet un magnifique jeu d'ombres chinoises de toutes proportions, de la classique colombe jusqu'aux énormes insectes suggérés par l'ombre portée des deux danseurs rampant.
Complètement fantastique, l'univers se fabrique pourtant à vue, de bout en bout, sans effets spéciaux. Quand le duo s'immisce sur le plateau, il gonfle, avec la même ingéniosité, des formes depuis l'intérieur des matières, donne chair à des ombres. On se surprend à retomber en enfance, à halluciner des hippopotames dans les nuages.
> C’est beau comme les jeux d’enfants qui se transforment au fur et à mesure. Et ça donne envie d’être joueur, acteur à son tour. Le Temps - 2010
Direction artistique et chorégraphie : Tiago Guedes - Scénographie et costumes : Catarina Saraiva - Son : Sérgio Cruz - Musique : Sérgio Cruz à partir de la symphonie n°1 opus 13 de Rachmaninov - Avec Ines Jacques, Pietro Romani Vincent Weber, Yasmine Youcef.
Coproduction : Le Vivat (Armentières), Centre Culturel de Belem, RE.ALLisbonne « Matrioska » est présenté avec le CDC, Centre de Développement Chorégraphique Toulouse/Midi- Pyrénées dans le cadre du festival « C’est de la danse contemporaine ! ». © Dimitro Wazemsk.

