Chères spectatrices, chers spectateurs,

Dans un monde où tout semble s’accélérer, où les écrans nous relient autant qu’ils nous séparent, le théâtre demeure un lieu singulier. Un lieu où l’on prend le temps. Le temps d’écouter, de rire, de s’émouvoir, de réfléchir. Le temps, surtout, de vivre ensemble un moment de partage.

Chaque saison raconte une histoire. Celle des artistes qui montent sur scène, des équipes qui les accompagnent, des spectateurs qui viennent partager une émotion. Celle des femmes et des hommes de l’ombre qui, avec patience et passion, rendent chaque représentation possible. Celle des spectateurs qui franchissent les portes d’un théâtre avec l’envie d’être émus, surpris ou transformés.

Cette saison 2026-2027 nous donne une nouvelle occasion de nous retrouver au théâtre. Originale et variée, elle conjugue les grands noms et les découvertes, les œuvres du répertoire et les créations contemporaines, le théâtre, la musique, le cirque, la danse, l’humour et l’opéra. « Un théâtre où l’on ne rit pas est un théâtre dont on doit rire », affirmait Bertolt Brecht. Nous avons pris la remarque au sérieux.
Notre théâtre n’est pas seulement un lieu de diffusion. C’est un théâtre qui produit. Dans une ville de la taille de Chartres, cette ambition est singulière. Produire des spectacles, accompagner des artistes, faire naître des œuvres qui vivront ici avant de rayonner ailleurs, c’est affirmer que la création ne doit pas être l’apanage des seules grandes métropoles.

Cette ambition ne tient pas à un seul lieu. À la grande salle du Théâtre de Chartres répond Le OFF — Scènes de Chartres, plus libre, plus proche, où se croisent les formes émergentes et les artistes que l’on découvrira demain. Deux adresses, deux tempéraments, une même exigence.

Elle s’inscrit aussi dans une vision plus large : celle d’un équipement culturel au service de tout un territoire. Avec les villes de Lèves et Lucé, nous démontrons qu’une coopération fondée sur la confiance permet d’offrir davantage de culture à davantage d’habitants. Ce partenariat est une force. Il fait vivre une véritable dynamique d’agglomération, où chaque commune contribue à un projet collectif qui dépasse les frontières administratives.

Je remercie les équipes, le directeur général de la SPL C’Chartres Spectacles Jérôme Costeplane et son président Hervé Coulaud, les artistes et les partenaires qui rendent cette aventure possible.
Enfin, je remercie nos spectateurs. Leur fidélité, leur curiosité et leur enthousiasme nous encouragent à poursuivre cette aventure.

Plus que jamais, je suis convaincu que le spectacle vivant est un bien commun. Il rassemble, il interroge, il émeut et il crée ce lien précieux entre tous les habitants de notre ville.
Je vous souhaite une saison riche de découvertes, de rencontres et d’émotions.

À très bientôt au Théâtre de Chartres.

Ladislas Vergne
Maire de Chartres

 

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Chères spectatrices, chers spectateurs,

Dans le nord de l’Angleterre, au début des années 1930, des mineurs de fond s’inscrivent à un cours du soir d’histoire de l’art. La théorie tourne court : on leur met un pinceau dans la main. Aucun d’eux n’avait jamais peint. Ils fonderont un mouvement. Cette histoire vraie, que raconte Les Peintres au charbon, dit assez bien ce qui traverse la saison 2026-2027 : le moment précis où quelqu’un cesse d’accepter la place qu’on lui a assignée.

On appelle cela l’émancipation. Le mot est vaste, un peu intimidant. Sur un plateau, il devient très concret. C’est Léonore qui se travestit en geôlier pour arracher son mari à sa cellule (Fidelio). C’est Suzanne, femme d’industriel priée de rester décorative, qui prend la parole puis le pouvoir (Potiche). C’est Rosalind Franklin, dont la photographie a fait le prix Nobel des autres. C’est Carmen, relue comme ce qu’elle a toujours été : une femme libre. C’est Figaro, valet, qui répond au comte et le fait rire de lui.

Certaines de ces libérations sont bruyantes : le hip-hop né dans le Bronx et arrivé jusqu’ici, un opposant russe qui rentre chez lui en sachant ce qui l’attend. D’autres se jouent à voix basse, et ne demandent pas moins de courage : se relever d’un effondrement intérieur, apprendre à dire non quand on a huit ans. Aucune n’a été donnée. Ces récits rappellent une chose que le confort fait oublier : les droits dont nous vivons ont été arrachés un par un, par des gens qui n’avaient aucune garantie de gagner.

Reste ce que le théâtre ajoute. Une salle n’est pas un musée. C’est l’un des rares endroits où l’on regarde quelqu’un devenir lui-même, en direct, au milieu d’inconnus. On y entre spectateur de la liberté d’un autre, on en ressort avec la sienne, légèrement déplacée.

Une saison est elle-même une affaire collective. Je remercie les équipes du Théâtre et de la SPL C’Chartres Spectacles, qui font tenir chaque soir ce qui doit sembler simple ; la Ville de Chartres, les communes de Lèves et de Lucé, la Région Centre-Val de Loire et la direction régionale des affaires culturelles, dont le soutien rend cette programmation possible ; notre président Hervé Coulaud, dont l’attachement à cette maison précède la présidence ; et les nouveaux membres de notre conseil d’administration, à qui je souhaite la bienvenue.

Cinquante-huit spectacles, neuf mois, tous les arts de la scène, du théâtre d’objets à l’opéra, des tout-petits aux adolescents. Nous ouvrons les portes. Le reste vous appartient.

Jérôme Costeplane
Directeur Général

 

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