Théâtre
Othello
Début du spectacle : 20h30
Durée : 2h25
Lieu : Grande salle
Tarif B > Cat. 1 : plein 27 € • réduit 18 € | Cat. 2 : plein 25 € • réduit 17 € | Cat. 3 : 16 €
à partir de 12 ans
Mise en scène : Arnaud Churin
Avec : Daddy Moanda Kamono, Mathieu Genet, Julie Héga, Nelson-Rafaell Madel, Astrid Bayiha, Olga Moak, Denis Pourawa, Jean-Felhyt Kimbirima, Ulrich N’toyo
Scénographie : Virginie Mira
Costumes : Olivier Bériot, Sonia Da Sousa
Lumières : Gilles Gentner
Musique/Son : Jean-Baptiste Julien
Collaborations artistiques : Julie Duchaussoy, Marie Dissais | Laurence Fischer (arts martiaux)

Seul parmi les autres. Tel est le point de départ de l’histoire d’Othello. Dans sa mise en scène contemporaine, basée sur une nouvelle adaptation réalisée au plus près du plateau, Arnaud Churin a choisi ce postulat : et si Othello était blanc ? Mais pour que la pièce résonne, il faut qu’il soit minoritaire dans la société qui l’entoure. Qu’à cela ne tienne, Othello peut-être blanc, si tous les autres protagonistes sont noirs ! Othello nous parle de cette expérience universelle, être seul parmi d’autres. Le seul à être nouveau, à ne pas parler telle langue, à ne pas croire en tel dieu... Dans sa pièce, Shakespeare a fabriqué un véritable cauchemar pour nous parler de cette solitude et nous montrer notre fragilité.

Au moment où tout réussit à Othello, l’auteur nous montre à quel point le langage, les mots, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus tangible comme espace commun, peuvent fragiliser ou faciliter la cohabitation de personnes qui, d’un certain point de vue, ne se ressemblent pas. La proposition d’Arnaud Churin « d’inverser les couleurs » vise à montrer que ce n’est pas la couleur elle-même qui est essentielle, mais bien la différence en tant que telle. En construisant un contexte inédit à ce classique de la littérature mondiale, cela ravive les problèmes qu’il expose. La différence n’est pas l’essence de l’autre et chacun est libre de lui faire une place, ou pas...

Certains se demandent certainement si cette démarche trahit l’oeuvre de Shakespeare. À son époque, les rôles de femmes étant tenus par de jeunes hommes. Est-ce trahir l’auteur que de faire jouer les rôles de femmes par des femmes depuis des décennies ? Cette référence au genre nous montre à quel point chaque époque s’approprie les oeuvres en tenant compte de l’évolution de nos sociétés. Le monde actuel nous invite à des explorations nouvelles et inventives, telle celle proposée par Arnaud Churin, qui est une très belle réussite !

 

Mentions obligatoires

Production déléguée La Sirène Tubiste. Coproduction Théâtre de la Ville–Paris, SN 61-Alençon, Théâtre le Montansier–Versailles, L’Atelier à spectacle–Vernouillet, Espace Malraux–SN Chambéry, Compagnie Sandrine Anglade. © Pénélope Ambert.

novembre 2019
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