Lenglumé, rentier sans histoire, se réveille un beau matin avec une gueule de bois et un cadavre sur les bras... À ses côtés, un inconnu gît dans son lit, des noyaux de prunes dans les poches. Il n’a aucun souvenir de ce qui a bien pu se passer. Le dispositif caractéristique du vaudeville se met scrupuleusement en place : un bourgeois obtus, une femme bornée, un cousin raté et un domestique insolent évoluent entre alcôves, divans et tentures. Pourtant, cette situation qui semblait burlesque au départ, va bientôt tourner à l’horreur.
Cette œuvre revendique une double filiation. Celle d’une enquête policière avec l’exploration de l’âme humaine issu du Double assassinat dans la rue Morgue d’Edgar Allan Poe en 1841, et la virtuosité comique d’Eugène Labiche, dans cette pièce de 1857. C’est dans ce mariage inattendu entre polar et vaudeville, que réside toute la puissance de la pièce. Des séquences chantées viennent ponctuer et réhausser le récit, traduisant avec onirisme les angoisses et les inclinations secrètes de Lenglumé. Le spectateur est ainsi invité à arpenter cette histoire labyrinthique aux côtés des protagonistes, et à reconstituer avec eux la vérité.
Une farce macabre qui nous propose d’arpenter avec délectation les zones d’ombre de notre inconscient, là où s’éveillent parfois des pulsions inavouables.
Mise en scène Jean-Christophe Hembert. Avec Bruno Bayeux, Agathe L’Huillier, Loïc Varraut, Jean-Christophe Hembert, Eddy Letexier, Fanny Gamet. Collaboration artistique Loïc Varraut. Scénographie Fanny Gamet et Jean-Christophe Hembert. Lumières Seymour Laval. Musiques et création son Clément Mirguet. Costumes Mina Ly. Régie Générale Tommy Boisseau. © Joana Kruse et Simon Gosselin
