Depuis son arrivée dans cet établissement loin de la ville, derrière une épaisse forêt, Claire passe ses journées à peindre lentement, machinalement, à la gouache pour enfant. Elle était pourtant bavarde et agitée à son arrivée, elle avait même un projet de thèse. Mais aujourd’hui, elle ne dit plus un mot. Jean et Silvia, deux autres pensionnaires l’observent et tentent de la comprendre. Madame, débordée par les chiffres, les plannings et une fissure qui s’agrandit, court de pièce en pièce. De l’autre côté de la forêt, la mère de Claire, Madame Lagrange, est perdue. Comment un tel événement a-t-il pu arriver à sa fille et que cache son silence ? C’est ce mutisme qui est au centre de la pièce. Celui d’une jeune femme abattue par un lourd traitement après avoir vascillé. Sa conscience est altérée, sa personnalité éteinte. Elle n’est plus que l'ombre d’elle-même, abandonnée dans un demi-sommeil, par l’hôpital et par la société. Que raconte ce silence de l’histoire de Claire et de notre monde ?
Un théâtre d’objet particulièrement inventif, avec pour personnages des Playmobils, qui nous aide à ouvrir les yeux sur la réalité des hôpitaux psychiatriques et sur cet état d’anesthésie chimique, qui plutôt que d’aider les patients à sortir du silence, les y enfonce. Un spectacle d’utilité publique à découvrir.
Écriture et mise en scène de Céline Delbecq. Avec Isabelle Darras ou Louison De Leu et Céline Delbecq. Scénographie Ronald Beurms. Création sonore Pierre Kissling. Création lumière. Jérôme Dejean. Création vidéo Alice Piemme. Création technique Aurélie Perret. Costumes Elise Abraham. Regard dramaturgique Christian Giriat. Collaboration à la mise en scène Jessica Gazon. Assistante à la mise en scène Amber Kemp. Conseils dramaturgiques Christian Giriat, Rita Freda. © Aml
