Le Théâtre à l'italienne

LA SALLE A L’ITALIENNE 

La salle compte 570 places réparties sur quatre niveaux : parterre et fosse (au rez-de-chaussée), première galerie (1er étage), deuxième galerie (2e étage), poulailler ou paradis (3e étage).
La salle est divisée en deux côtés appelés « cour » et « jardin » (correspondants aux côtés pair et impair). Ces désignations évitent toute confusion d’orientation dans le théâtre, entre la gauche et la droite, que l’on soit dans la salle ou sur la scène.
Les mots « cour » et « jardin » trouvent leur origine en 1662 au Théâtre des Tuileries, appelé aussi la « Salle des Machines ». Dans cette salle, les spectateurs regardant la scène avaient à leur gauche, le jardin des Tuileries et à leur droite la cour du Palais. Ces deux termes ne détrônèrent pas immédiatement le côté du Roi et le côté de la Reine, mais lors de la Révolution Française, lorsque l’on bannit du langage tout signe de royauté, ils s’imposèrent définitivement.
Les théâtres à l’italienne reposent sur 5 principes : une salle en forme de fer à cheval ; un plateau en pente afin d’avoir un effet de perspective ; une coupole ; un lustre ; une machinerie spécifique qui permettait de faire des apparitions et de faire coulisser des décors.
Au Théâtre de Chartres, la machinerie est manuelle, elle fonctionne grâce à des poulies, des guindes et des contrepoids.

 

UN PEU D’HISTOIRE 

Jusqu’à la première moitié du 19e siècle, la ville de Chartres ne possède pas de véritable théâtre. Les spectacles se déroulent alors dans l’enceinte de l’Église Sainte-Foy, de 1797 à 1857. Le projet du nouveau théâtre est confié à Alfred Piebourg, architecte de la ville. Les premiers plans sont présentés et acceptés par le conseil municipal le 23 avril 1858.
Alfred Piebourg devait « construire un édifice présentant les garanties désirables de solidité et de précautions contre l’incendie, lui donner l’aspect monumental qu’exige la situation des lieux, en évitant tout luxe inutile ; disposer d’une salle élégante et commode pouvant contenir 7 à 600 spectateurs et se prêtant facilement aux exigences des représentations théâtrales ; établir une grande salle pour les réunions publiques, les concerts, etc. ».
La décoration de la salle et les travaux liés à la tapisserie, aux luminaires et aux décors sont confiés à Antoine Victor Barbereau, dit Saint Léon, artiste-peintre et décorateur.
Le Théâtre de Chartres a été inauguré le 28 avril 1861. Il aura coûté à la ville 372 175 francs.
Depuis 1984, il est inscrit au titre des monuments historiques (sauf le foyer).

 

 

LES MOTS DU THEATRE 

Avant-scène ou proscenium : Partie de la scène se trouvant devant le cadre de scène.
Cintres : Partie aérienne de la cage de scène, non vue du public où se trouvent les fils, les perches, les passerelles et où travaillent les machinistes / cintriers.
Contrepoids : Poids contrebalançant celui des perches et en facilitant la manœuvre.
Costières : Fentes transversales du plancher de scène permettant la manœuvre et le déplacement des châssis supportant les décors.
Coulisses : Partie de la scène se trouvant de chaque côté et non vue du public.
Dessous : Volume de la cage de scène sous le plateau.
Guinde ou fil : Mots que l’on utilise à la place de « corde ». En effet, les premiers machinistes venaient de la marine. Or sur un bateau la corde fait référence au pendu...
Gril : Plancher aux lames espacées situé au dessus de la scène, supportant les poulies et laissant passer les fils.
Lointain : Fond de la scène, par opposition à la Face (partie avant).
Porteuse : Perche métallique destinée à porter des éléments de décors, du matériel d’éclairage...


LES SUPERSTITIONS ET LEGENDES DU THEATRE 

La couleur verte est interdite sur une scène de théâtre, car elle porte malheur. Il existe plusieurs raisons à cette croyance maléfique du vert, en voici deux :
- Des comédiens, ayant porté à même la peau un costume de couleur verte, auraient trouvé la mort ; ceci s’explique par les effets nocifs de l’oxyde de cuivre utilisé dans l’élaboration de la teinture verte de l’époque.
- Molière serait mort dans un costume vert.

 

LA SCENE EN CHIFFRES 

Profondeur : 13 m
Largeur de mur à mur : 18.3 m
Proscenium : 3 m
Hauteur sous gril : 14 m
Nombre de porteuses : 29
Longueur des porteuses : 13 m
Pente : 3.35%
Ouverture au cadre : 10.8 m
Jeu d’orgue : 512 circuits lumière

 

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